L'escrime artistique

Pour mieux vous faire découvrir l’escrime artistique un retour sur l’histoire de l’escrime elle-même s’impose.

Au moyen âge, période courant de l’an 500 à l’an 1500, les combats opposaient des guerriers revêtus d’armures qui entravaient leurs mouvements et étaient menés avec des armes très lourdes, épées à deux mains, haches, masses...

 

A la fin du 16ème siècle, l’apparition de la rapière transforma la pratique de l’escrime. En effet, cette arme s’utilise à une seule main car, plus légère, elle permet de pratiquer une escrime plus fine à la fois d’estoc et de taille. Elle est munie de quillons destinés à contrôler la lame de l’adversaire et possède une coquille, derrière laquelle la main du combattant est bien protégée. L’arme est tenue par une main gantée de cuir et non plus de métal. L’autre main, libre, pouvait tenir une dague, appelée aussi main gauche. Cette seconde arme servait à parer les attaques, et également à renforcer les actions de la rapière

 

Au 17ème siècle apparut l’épée de cour, encore plus légère que la rapière. celle-ci a complètement révolutionnée l’escrime et fut à l’origine de ce que l’on appel aujourd’hui l’escrime Française, qui est une escrime exclusivement d’estoc.

Plus tardivement, à la fin du 18ème siècle apparaissent deux nouvelles armes : le fleuret, arme d’estoc très légère destiné uniquement à l’enseignement et le sabre, arme d’estoc et de taille utilisé surtout dans les armées.

 

 

L’escrime artistique telle que nous la pratiquons :

L’escrime artistique, également appelée escrime de spectacle ou escrime ancienne, est avant tout un sport (Si, si sous l’égide de la fédération française d’escrime). Contrairement à l’escrime moderne, elle utilise toutes les positions de base de la tenue de l’arme ainsi que des déplacements variés et pluridirectionnels.

 

Cette activité présente plusieurs aspects ; tout d’abord, les combats sont réglés à l’avance et ils n’opposent pas des adversaires mais mettent en scène un ou plusieurs partenaires. Ceux-ci exécutent des passes d’armes, certes chorégraphiées puisqu’à chaque geste correspond une réponse prédéterminée mais dans un souci de réalisme et en utilisant des techniques historiques.

 

Il s’agit donc d’une chorégraphie, qui est d’ailleurs souvent réalisée en musique. N’oublions pas que nous sommes là pour nous faire plaisir et qu’il s’agit de spectacle, il ne faut donc pas négliger le jeu théâtral.

 

Enfin afin de ne pas gâcher le spectacle un point d’honneur est mis sur la sécurité, car les escrimeurs ne sont pas protégés et les armes ne sont pas mouchetées. Même si toutes les parades et les ripostes sont connues à l’avance et donc sans surprise pour les bretteurs, chacun doit être capable d’arrêter ses coups, en cas de rares trous de mémoire dans l’enchaînement des passes d’armes.

 

 

Existe-t-il plusieurs styles d’escrime artistique ?

Vous vous doutez bien que si la question se pose, c’est que la réponse est oui.

Tout d’abord, escrime ne signifie pas obligatoirement épée ou sabre. Il existe des combats au bâton à la hache au fléau... et pourquoi pas au tabouret de cuisine, à la poêle à châtaignes (qui du coup porte bien son nom), au sabre laser (dès que le prototype fonctionnera) ou à la massue préhistorique !!!

 

Mis à part ces différents styles quelque peu rocambolesque mais néanmoins réalisables, on retrouve deux grandes familles principalement étudiées : le médiéval et le grand siècle. Le premier va de l’antiquité à la fin du moyen âge et le second commence à la renaissance pour fini au 18ème siècle.

 

Le médiéval, bien que plus rustique n’est pas dénué d’intérêt : les armes et donc les techniques sont très variées. On retrouve aussi bien des combats de gladiateurs que des fêtes vikings (on savait rire à l’époque) ou des tournois de chevalerie avec des épées à une main, une main et demi, des lances, des hallebardes, des masses d’armes, des fléaux d’armes, toutes ces sortes de choses qui soignent définitivement les migraines. Généralement, les escrimeurs pratiquant ce style portent des protections qui ne sont pas là pour servir uniquement de costume ! Une cotte de mailles et un gambison peuvent être bien utile dans certains cas comme quand on veut jouer un coup porté ! De même, un bouclier permet d’encaisser des assauts et de rendre la joute plus réaliste et donc plus impressionnante.

 

C’est la partie de Gladiator, de Spartacus, d’Eric le Rouge, d’Ivanhoe, de Robin des Bois, de Kaamelott et sa cohorte de chevaliers plus ou moins valeureux (mais cela ne nous regarde pas !).

 

Le style renaissance se pratique avec d’autres armes plus légères, telles que rapières, dagues et fleurets même si on trouve de temps à autre un ou deux sabres d’abordage !


Là aussi, on respecte le style vestimentaire contemporain des armes utilisées. D’ailleurs, une cape ou un manteau sont parfois bien utile pour parer certains coups.

C’est là que l’on retrouve d’Artagnan, Cyrano de Bergerac, Casanova, Lagardère, Fanfan la Tulipe et bien d’autres dont Edwar Teach plus connu sous le nom de Barbe Noire

 

Le grand livre de l’histoire de l’escrime ne se referme pas sur cette période. En effet, elle continue de s’écrire de nos jours à travers les films fantastiques ou d’héroic fantasy tels que Star Wars ou le Seigneur des anneaux.